epanorthose: (H: BAMF)
Aujourd'hui, c'était le dernier jour de mon stage dont le thème était "égalité fille/garçon et discriminations". C'était hyper intéressant et vraiment instructif.

Les choses cools que j'ai apprises :

- durant les premières semaines, un foetus garçon et un foetus fille sont indifférenciables. Lorsque les hormones se déclenchent, c'est sur les mêmes tissus que qu'elles agissent. Ainsi gland et clitoris sont faits avec les mêmes tissus. Les petites lèvres chez les petites filles sont le pénis des petits garçons qui se referment et se soudent. Les grandes lèvres sont le scrotum. Et le sexe féminin est aussi long (si ce n'est plus) que le sexe masculin. Il est juste intériorisé. Ainsi, le clitori, ce n'est pas juste cette petite protubérance, il se prolonge en fait très profondément à l'intérieur du corps de la femme.

- l'hymen ne devrait en fait pas exister. Le tuyau vaginal n'existe pas au tout début (cf qui vient d'être dit au-dessus : au tout début, petites filles et petits garçons sont identiques, or les garçons n'ont pas ce conduit, il a donc été ajouté au moment de la différenciation). C'est un conduit qui se creuse jusqu'à rejoindre le conduit urinaire. L'hymen est le reste de tissu qui formait la cloison entre les deux conduits. Comme la peau qui lie dans un premier temps les doigts du foeutus qui disparaît, l'hymen devrait disparaître. Mais ce n'est pas toujours le cas. Comme c'est un reliquat inutile, il n'est pas dans le même état chez toutes les femmes. Ainsi, il peut ne pas être innervé (ergo, pas de douleur s'il s'abîme lors d'un rapport mal préparé) ou/et ne pas être irrigué (ergo pas de saignement). Il peut aussi prendre des formes différentes : petite corole, un "voile" criblé, voire être totalement fermé et dans ce cas il faut intervenir chirurgicalement parce que ça peut être dangereux pour la future jeune fille. Ergo, il n'existe pas de preuve (ou d'absence de preuve) de la virginité.

Les choses pas cools que j'ai apprises :

- 60 000 femmes ont subi des mutilations sexuelles en France. 11% de leurs filles ont subi une excision et 30% sont menacées par des mutilations sexuelles.

- dans le monde, 130 millions de femmes sont concernées.

- outre l'excision, qui consiste en l'ablation du clitoris, j'ai découvert un autre type de mutilation sexuelle féminine : l'infibulation. (A la fin de la conférence, on était tous défaits.)

On a eu aussi des chiffres sur l'orientation dans le système éducatif et le milieu de l'emploi. C'est désespérant. Les choses ne bougent pas. Entre "le plafond de verre" auquel se heurte les femmes avec un haut niveau de qualification et le "plancher collant" dont n'arrivent pas à se dépêtrer les femmes avec un bas de niveau de qualification. Et puis ces 27% de différence entre le salaire d'un homme et celui d'une femme (pour le même niveau de qualification, la même ancienneté, les mêmes responsabilités...

Et puis je ne vous parle pas de l'endoctrinement qui est fait dans la petite enfance, entre les catalogues de jeux qui proposent aux petites filles de 5-8 ans tout ce qui faut pour jouer à la maman, à la mariée, à la princesse et à la mannequin et aux petits garçons des jeux de stratégie, de construction, de guerre...

Ce stage avait bien commencé et puis la fin, elle a été un peu lourde à digérer...
epanorthose: (H: BAMF)

Dans Celui qui observait le vent et les nuages, j'ai réussi à éviter de fridger un personnage, mais je ne suis pas sûre de passer le test de Bechdel...

...

On sait qu'à un moment deux personnages féminins ont parlé l'un avec l'autre, mais on n'assiste pas à la conversation. James explique à Sirius comment il a entendu parler de l'Ordre : lors d'une soirée Lily et Alice ont parlé politique et actions.

Est-ce que ça compte ?

Je sais bien que le Bechdel test est un outil et qu'il n'est absolument pas garant de qualité. Mais j'aimerais bien éviter de reproduire bêtement les schémas contre lesquels je m'insurge parfois. C'est assez difficile de sortir des cases qu'on t'a habitué toute ta vie à parcourir, à sortir des schémas.

En ce moment, je corrige une expression écrite que j'ai donnée à mes troisième. Le sujet était le suivant : deux personnages habitent à la campagne ; l'un veut déménager à la ville, l'autre veut rester. Les élèves devaient imaginer le dialogue entre les deux personnages. Sur 24 copies, un seul a donné la victoire à la femme. Dans toutes les autres copies, la femme, qui est généralement celle qui veut partir s'installer à la ville (pour faire les magasins ! Si c'est l'homme, c'est pour trouver du travail et gagner de l'argent), finit par adopter le point de vue de son mari. Il veut partir, elle part. Il veut rester, elle reste.

Et dire qu'il paraît que le féminisme n'est plus nécessaire, que tout est acquis.

epanorthose: (H: not pleased)
Je ne regarde plus la télé française depuis près de deux ans maintenant. Mes séries, je les choisis précautionneusement. Parfois ce sont elles qui me choisissent et j'ai du mal après à m'en dépêtrer. Je suis sur tumblr, LJ, twitter, des gens qui m'intéressent, dont je trouve le propos intelligent, pertinent, réfléchi. Les gens avec qui j'échange sont de même généralement sur la même longueur d'onde que moi sur un certain nombre de sujets. Avec les autres, je converse. Pluie, beau temps, et re-pluie...

De ce fait, je me demande si c'est l'émission Qui sera le prochain grand chef sur France 2 qui est particulièrement corsée en clichés sexistes ou si c'est l'ensemble du paysage audiovisuel français et que je vis tellement dans ma bulle d'equality now que le retour à la réalité est brutale.

C'est hallucinant le nombre de remarques sexistes que cette série peut balancer. Et sans mal penser en plus. On est dans le cliché répété et véhiculé de "la touche féminine", des "hommes des vrais", des "papillons pour les filles et des dinosaures pour les garçons" et du "moi je suis une vraie fille".

C'est un concours de pâtisserie. La branche la plus hardcore de la cuisine, mais aussi la plus artistique, les gars sont dans le sucre et la guimauve toute la journée et ils trouvent encore le moyen de dire "Audrey a paticipé. Ca ne m'étonne pas : on sent bien la touche féminine". D'ailleurs magnifique retour d'Audrey : sa touche féminine, elle la doit à la recette de Franck.

La semaine prochaine, il faudra préparer un gâteau de mariage. Le marié parle avec l'accent du Sud et il aime le sport. La fille, voix pointue et gloussement, ajoute que, elle, elle est une vraie fille. Ah bon ? T'es pas faite en pâte à chou et en guimauve ? J'avais cru.

Je n'irai pas m'aventurer sur le terrain de "qu'est-ce qui fait une femme ?" C'est un sujet vaste, complexe et pas vraiment à ma portée (j'ai cependant un avis sur la question, un simple et humble avis dont je suis tout à fait prête à débattre). Mais je sais une chose : il n'y a pas de vraie ou de fausse femme. Il y a juste la femme qu'on est, qu'on choisit d'être, qu'on accepte d'être, qu'on a été forcée à être. Mais y en n'a pas de vraie ou de fausse. Aimer la fanfreluche, la paillette et les talons, n'est pas blâmable. Mais considérer que ce sont les accessoires nécessaires pour être une femme, ça par contre, ça l'est.
epanorthose: (H: BAMF)


Une excellente vidéo d'un scénariste et développeur de jeux vidéos sur la question du sexisme et de la sexualité dans les jeux vidéos. C'est un discours intelligent et intéressant et qui, certes évoque l'univers des jeux vidéos, mais qui en réalité peut s'étendre à l'univers de la fiction et encore au-delà.
epanorthose: (H: BAMF)


Une vidéo très intéressante qui traverse l'histoire des Jeux vidéos en s'intéressant au trope de "la demoiselle en détresse". Clair, documenté, illustré. Et narratologique.



[EDIT 1] Pourquoi est-ce que j'ai immédiatement pensé à River Song en regardant cette vidéo ? Hmm. Je me le demande...


[EDIT 2] En fait, je vous recommande la chaîne dans son intégralité. Je regarde la série "tropes vs women" et je trouve ça hyper intéressant.
epanorthose: (H: BAMF)
J'aime les introductions de Lagarde et Mimiche :
Voltaire est pessimiste sans doute, mais d'un pessimisme virile, tempéré par l'idée de la civilisation et du progrès qui assureront le bonheur des hommes.


Un "pessimisme virile". On ne me l'avait encore jamais faite celle-là. Je suppose que c'est à différencier d'un pessimisme féminin. Allons même plus loin : un pessimisme hystérique.
epanorthose: (H: BAMF)


Il y a plein de choses qui me dérangent dans cette vidéo.

D'une, la façon dont le portrait de la mère idéale est mis en place : elle est totalement dévouée à son enfant et s'occupe des tâches ménagères. Elle n'a aucune activité propre, aucun divertissement. Elle n'existe que pour son enfant. Mères de tous les pays, votre but ultime est de ressembler à cette icône. Marie l'a fait avant vous, vous pouvez le refaire. Go !

De deux, le père est totalement exclu de la vie de famille. Il ne prend pas part aux tâches quotidiennes, aux difficultés de la vie, aux parcours de son enfants. Non. S'occuper de l'enfant, c'est une tâche qui revient entièrement à la mère. A elle les soucis et les victoires. Père, tu n'as été qu'un donneur d'ADN et maintenant casse-toi.

De trois, je suis absolument opposée au message final "the hardest job in the world, is the best job il the world. Thank you, Mom". Aux dernières nouvelles, être mère n'est pas un job : les mères ne sont pas payées pour s'occuper de leurs enfants. Sinon, ça s'appelle des nourrices, des gouvernantes, des babysitters ou nounous. Et puis surtout, qu'est-ce qu'on fait des pères ? Qu'est-ce qu'on fait des femmes qui ne veulent pas avoir d'enfants ? Qui ne peuvent pas en avoir ? Qu'est-ce qu'on fait des mères qui ne s'en sortent pas, qui n'y arrivent pas ? On les culpabilise bien de ne pas réussir à être des mères parfaites, qui ne parviennent pas à élever des champions qui plus est ?

Mais le truc qui m'a le plus énervée c'est que j'ai totalement marché ! Je le reconnais sans la moindre gêne : malgré toutes mes réticences intellectuelles, j'ai été émue par ce spot. Il est efficace, réussi, il touche à des trucs universels et ça fonctionne. Et ça m'énerve !
epanorthose: (H: BAMF)
Vu sur les FB de [livejournal.com profile] bloodyscary et [livejournal.com profile] meuh_leu

epanorthose: (Ø: stong woman)
Je regarde Playful Kiss, un drama coréen, et je me demande pourquoi je m'inflige une horreur pareille.

Cette série est tellement rétrograde et misogyne que je suis incapable de voir un épisode en entier. Il y a toujours un moment où je lâche et fais du saute-scène dans la lecture. En fait, j'espère à chaque fois que le personnage féminin va se réveiller, s'émanciper et tout d'un coup exister en tant que personne à part entière, comme cela arrive normalement dans ce genre de série (Goong, Nodame Cantabile et surtout City Hall). Mais non, cela ne se fait jamais. Du début jusqu'à la fin, elle n'aura été que cette petite dinde qui a le coeur qui s'affole pour son camarade de lycée, beau, intelligent et hyper distant avec tout le monde.

Il est tellement génial et magnifique qu'il méprise tout le mode du haut de son piédestal. Il se moque, rabaisse, insulte l'héroïne qui jure qu'elle le déteste maintenant. Alors il la regarde quelques secondes droit dans les yeux et le peu de volonté qu'elle a manifesté s'envole aussitôt. Il lui vole son premier baiser (et on sait que les asiatiques y tiennent à cette première fois) et déclare ensuite "et maintenant, essaie de m'oublier !". Le king of mufles est dans la place. Mais elle, elle est toute contente, elle s'envole sur son nuage, tout là-haut.

Non seulement, l'héroïne semble être absolument dépourvue du moindre respect pour elle-même, mais en plus a zéro ambition. Elle suit le héros partout, jusque dans ses études, s'inscrit dans les mêmes cours que lui, les mêmes clubs, où bien évidemment il brille de mille feux et elle se ramasse lamentablement. Elle décide d'être infirmière parce qu'il sera médecin. Parasite et sans ambition, le combo gagnant.

Finalement, à force de se traîner le boulet inutile qui ne sait même pas cuir un oeuf à la coq, le gars finit par s'en amouracher. En même temps, elle est persistante et elle a la mère dans la poche. Donc là, il finit par annoncer à la famille entière qu'il va l'épouser et demande la permission au père. Qui la donne. Est-ce qu'à un moment on a consulté la fille ? Non. Pas une fois. Et bien évidemment, elle est ravie.

Et le pire, c'est que le tout est présenté comme la chose la plus romantique du monde. Il la malmène, l'attrape par le bras, lui parle mal, brusque ses sentiments, se l'accapare, mais tout ça, c'est super romantique.

Vous m'excuserez si je vomis maintenant. De préférence sur les auteurs.
epanorthose: (Ø: stong woman)
There is a lot of awesomeness (and creepiness) in this post !

[livejournal.com profile] norwich36 (qui est une awesome revieweuse) a mis en lien différentes fanvids traitant de la place des femmes dans les séries et films.

So click and watch.
epanorthose: (H: badass)
On a tous nos chevaux de bataille. Des injustices de l'humanité qui nous poinçonnent un peu plus le coeur que d'autres, qui nous remuent un peu plus intensément les entrailles.
Plus le temps passe et plus je suis sûre d'avoir trouvé mont point sensible. Celui qui me fait mal et me met en colère.
Les injustices envers les femmes est mon point de douleur. La représentation des femmes est mon point de colère.

J'ai vu Alice revu par Burton, hier soir. Je ne suis pas plus émerveillée que ça. Il y a des faiblesses dans le scénario, la toile semble distendue ici, empêtrée là. Et pourtant, quand le film sortira en DVD, je sais que je l'achèterai. Parce qu'Alice, champion de Wonderland, Alice qui choisit sa vie, ça m'a touchée. Un poke juste là où ça bat. Une flatterie sur l'encolure de mon cheval de bataille.

Un jour, j'aimerais écrire une Alice, une Rose, une Buffy, une Lorelai, une CJ, une Zoé, une Scully... Un jour, j'aimerais écrire un personnage complexe, avec ses forces et ses faiblesses, et qui s'avèrerait être une femme.

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