epanorthose: (H: BAMF)
J'ai terminé Le Club Jane Austen de Karen Joy Fowler.

Je me suis lancée dans la lecture de ce livre à cause du film. J'ai vraiment beaucoup aimé le film, le casting est convaincant, le montage parallèle rythmé et permet de suivre en même temps quatre destins de femmes totalement différentes et pourtant toute liées les unes aux autres par leur passion pour Austen (entre autres choses). Certes, on n'a pas accès à tous leurs souvenirs, à ces détails si frappants comme dans le livre, mais leur présent est tellement bien rempli, on sent tellement bien quels genres de femmes elles sont. On n'a finalement pas besoin de tout savoir. Je reproche au livre d'oublier un peu certains personnages au profit de Sylvia et de son divorce. Le film va plus loin dans les doutes de Prudie. Grigg a plus de présence et n'est pas juste un prénom qui apparaît ici ou là, toujours exclu d'un "nous" fantômatique.

Pour une raison qui m'échappe totalement, l'auteur a choisi pour certains passages un narrateur à la première personne du pluriel. Sauf qu'il n'y a personne à caser dans le "je" qui accomagne le "elles". Aucun personnage n'assume jamais la narration -- à part peut-être Bernadette dans le chapitre qui lui est consacré. Elle raconte ses souvenirs à Prudie, mais la poncutation semble nous indiquer que l'on quitte le dialogue réminiscent pour un récit biographique. C'est un "nous" impérial qui réunit toutes les femmes en une seule conscience, un seul esprit. Elles ne sont plus des êtres distincts et automes mais deviennent une entité féminine et décisionnelle. Je déteste ça. J'éprouve une aversion quasi physique pour le motif du gynécée.

Il faut aussi dire que la traduction de Sylvie a fini par me faire un peu prendre en grippe le bouquin. Je me suis mise à douter de tous les mots, à suspecter la moindre tournure. Exemple, cette phrase, pas très heureuse m'a fait rire et pester pendant bien trois minutes.
La salle de lecture des ouvrages rares étaient tapissée d'étagères en verre coutenant les livres rares et, était, à sa manière, tout aussi agréable.
Oui et dans la salle de Géographie, il y a des livres de géographie. Et dans la chambre, un lit...

Tout ça pour dire, heureusement que j'ai fini le bouquin, j'aurais fini par pinailler sur tout et n'importe quoi.


Pour terminer, je vous offre une dernière maladresse de traduction made by Sylvie.
[Allegra] se souvenait que Callie était devenue si mince que tout le monde avait cru qu'elle était anorexique. Elle avait voulu malgré tout être majorette supporter.

Oh, Sylvie. Vraiment ? Traduire "cheerleader" par "majorette supporter" ? En France, il y a un terme tout à fait acceptable si on refuse de garder le terme américain (et qu'on est à ce point pris de la traductite aiguë) : "Pom-pom girl".
epanorthose: (H: not pleased)
p270
C'était si genûl de la part de Mo d'avoir dit cela.


De toute évidence, Sylvie n'est pas la seule responsable de cette débâcle.

Je rappelle (une fois encore) qu'il s'agit d'une édition "Folio" Gallimard et non Fleuve Noir.


--
PS : oui, je crois bien qu'il fallait comprendre "gentil". Cette lecture est décidément semée d'embûches en tout genre.
epanorthose: (Default)
p243
[Allegra] avait même parlé de se procurer une version pirate de La Communauté de l'Anneau, bien qu'elle soit totalement opposée au piratage et que, lorsqu'elles l'avaient vu au théâtre, elle n'ait pas arrêté de critiquer la manière dont le rôle de Gimli prêtait au ridicule.


Réfléchis, Sylvie ! Si Allegra songe à trouver une version pirate, si juste avant (dans la partie que je n'ai pas retranscrite) on nous explique que la jeune femme se relève la nuit pour regarder des DVD, comment peux-tu immédiatement conclure que theatre doit être traduit "théâtre" ? Ici, il est évident qu'il s'agit d'un cinéma. Oui, les américains ont parfois l'habitude étrange de parler de "theatre" pour une salle de ciné, mais tu devrais le savoir, c'est ton boulot de savoir ce genre de choses.


PS : la construction de cette phrase est d'une complexité inutile. Il m'a fallu plusieurs minutes pour comprendre pourquoi le verbe "arrêter" ("elle n'ait pas arrête") était au subjonctif.
epanorthose: (Default)
p193.
Il avait préparé un gâteau au fromage.

Non, Sylvie, non.
Il n'a pas préparé pas un "gâteau au fromage", mais un "cheesecake". Ca ne se traduit pas.

(Ou un "gâteau au fromage blanc" si tu veux, mais comme ils sont américains, je suis à peu près sûre que c'est un cheesecake. Le gâteau au fromage blanc, c'est plutôt en Europe de l'Est.)

A votre avis, la prochaine fois, elle traduit "brownie" en "marronnet" ?
epanorthose: (H: you've been psyched !)
Par bouteille de Coke est-ce que Sylvie entendait "bouteille de Coca" ?

Certes aux Etats Unis c'est "Coke", mais en France le produit/la marque a pour nom Coca-Cola. C'est tellement entré dans les moeurs que l'on dit Coca et tout le monde comprend. On comprend tellement bien qu'au chapitre précédent, Prudie recevait une canette gratuite de Coca en avion.

Je ne suis pas experte en traduction, mais il me semble que si un produit a un nom particulier dans la langue traduite, on se sert de ce nom, on ne s'amuse pas garder le nom VO.

(Et puis surtout, on évite de changer d'avis toutes les trois pages !)


----
note : j'ai créé un tag rien que pour Sylvie et toutes les mauvaises traductions à venir.
epanorthose: (H: not pleased)
Sylvie, Folio, là, franchement ça commence à déraper sévère.

p182.
Elle se retourna et vit le visage de Roberta Reinicker flotter au-dessus d'elle, son frère Tad juste derrière. Les Reinicker avaient un chenil à Fresno et une coquette Ridgeback nommée Beauté qui intéressait Jocelyn


p184, c'est-à-dire seulement deux pages plus loin.
Vraiment, quel homme agaçant [ce Tad] ! Elle détestait sa Lexus. Elle commençait à détester Beauty. Le plus charmant chien qu'on puisse imaginer [...].

C'est quoi cette traduction ? Je ne lis pas un bouquin publié chez Fleuve Noir quand même. C'est un bouquin "Folio". C'est censé être une édition de qualité et avec des moyens ! Donc des traducteurs moins escroqués que chez d'autres et des tas de relecteurs derrière, voire un ou deux éditeurs.

Au moins, Ménard c'est d'un volume à l'autre qu'il s'amusait à traduire les noms et puis non. Pas au bout de deux pages.

Vous imaginez le bordel si Black - l'étalon noir, pas le parrain canin de Henri Potier - se mettait au gré des pages à s'appeler Noir ? Voire Schwartz ou Negro ?


PS : de toute manière, que pouvais-je espérer d'une traduction qui tolère que les propositions introduites par "avant que" ne contiennent pas un "ne" explétif. Je sais, ce n'est pas obligatoire. Mais, pour ma part, ne pas mettre un "ne" explétif, je considère cela comme une faute de goût.


---
note : Ménard est le traducteur des Henri Potier en français.
epanorthose: (H: BAMF)
Hier soir, j'ai regardé Jane Austen Book Club, film bien sympathique qui ne manque jamais de me mettre de bonne humeur. Je me suis couchée avec l'envie de lire le roman avant de me rappeler qu'il y a quelques mois, j'avais justement fait l'acquisition du roman (suite à mon premier visionnage du film). J'ai immédiatement sauté de mon lit et me suis précipitée vers ma bibliothèque dont j'ai extrait ledit roman. Il était déjà minuit mais je n'ai pas pu résister à l'envie d'en lire quelques pages. Je me suis arrêtée vers deux heures du matin quand mes yeux n'en purent plus.

Ce matin, mon second geste a été de saisir le bouquin et d'allumer dans le même mouvement la lumière (le premier a été de prendre mes lunettes). Et me voilà embarquée de nouveau dans la lecture. J'ai laissé passer l'heure du petit déjeuner. Et il a fallu que j'arrive au chapitre dédié à Prudie, prof de Français, pour songer qu'il était peut-être temps que je pose le livre et me mette au travail. Ce n'est finalement pas la corde de la culpabilité qui m'a fait bondir (une fois encore) de mon lit et me précipiter sur mon ordinateur.

Je cite.
La mère de Prudie n'était pas très fanatique des jeunes hommes qui ont les pieds sur terre. (Mais en fait elle allait beaucoup aimer Dean. Ils regardaient tous les deux Buffy, le tueur de vampires le mardi soir et se téléphonaient ensuite pour discuter des rebondissements de la semaine. Dean raffolait des vies de super-héros tristes et bourrés de culpabilités. [...])


Vous l'avez-vue ? La bourde monstreuse ? La preuve d'une inculture populaire et d'un manque de professionnalisme ? Le sexisme automatique ?

Puisque cela tue des vampires, c'est nécessairement un homme. Et tant pis pour Whedon qui a posé une pierre fondamentale dans la culture audiovisuelle sur laquelle d'autres ont pu bâtir univers et personnages. Tant pis pour le personnage de Dean qui laisse entrevoir bien avant la fin qu'il est un peu moins cromagnon que Prudie semble vouloir nous le faire croire à un prime abord. Tant pis pour le professionnalisme et la méticulosité dont un traducteur doit faire preuve. De toute manière, c'est un livre destiné aux fans d'Austen, comment pourraient-ils être aussi incollables sur la culture pop et, surtout, se formaliser que Buffy the Vampire Slayer ait été traduit Buffy, le Tueur de Vampires ?

Sylvie Doizelet, Folio, eh bien, je repère et je me formalise !

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